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Séminaire HypoThèse des doctorant·e·s

Le séminaire HypoThèse est le séminaire organisé par les doctorant·e·s du Centre Gilles Gaston Granger.

Chaque séance se déroulera un mardi par mois à la Maison de la Recherche de 16h à 18h (salle 3.43).

À chaque fin de séance, un moment convivial est prévu.

Ce séminaire peut être ouvert à d’autres laboratoires (LPL, LCP, CIELAM...) ainsi qu’aux masters 2.

[Attention : l’affiche n’est pas à jour. Se référer aux annonces ci-dessous]

Organisatrice : Boisseau Éloïse

Contact : eloise.boisseau@univ-amu.fr



Programme 2022-2023


 10 janvier 2023 - Maison de la Recherche salle 3.43

  • Julia Vincenti : « Le Père Malebranche, le vin et l’imagination » 

Résumé : Cette communication propose une introduction à la psychophysiologie de Malebranche, théorie selon laquelle toutes les idées de l’imagination, ainsi que leur combinaison ont leur fondement dans le corps et ses modifications. Hume ayant lui-même attesté l’influence de Malebranche sur son Traité de la Nature Humaine, l’objectif premier est d’évaluer cette influence sur la théorie de l’imagination. Certains commentateurs ont ainsi interprété le vocabulaire physiologique employé par Hume comme malebranchiste. Or, dans un bref passage Hume critique la physiologie en vertu du caractère hypothétique de l’existence de ses éléments et de la conception purement mécaniste de la matière, qui se transmettrait à l’imagination. Ainsi, premièrement, la physiologie humienne serait de l’ordre de l’analogie et non pas du fondement, elle viserait à rendre compte de l’imagination parallèlement au corps ; deuxièmement, le newtonianisme vitaliste de l’Ecosse du début du XVIIIème, est nécessaire pour soutenir cette métaphore qui détourne la physiologie du cadre mécaniste selon lequel Malebranche la développe.


  • Cédric Madinda Moussavou : « Rawls et l’idée d’un consensus politique » 

L’objectif de ce propos est de montrer que la légitimité des normes et des règles sociales chez Rawls s’inscrit dans un processus de justification rationnelle tel que dans la pratique politique des démocraties libérales, la décision politique se construit sur une éthique préalable que Rawls subsume dans l’idée de consensus politique, qui sous-tend manifestement sa conception de la gouvernance dans une démocratie, suivant qu’elle nécessite pour les citoyens de participer au débat publique, par la mise en examen de leurs raisons publiques et du contenu des décisions qu’ils doivent prendre. Or, la question qu’il faut se poser est de savoir si le respect des règles démocratiques aboutit forcément aux résultats souhaités, c’est-à-dire, sur les résultats qu’auraient voulus l’ensemble des citoyens pris individuellement que collectivement. Cela traduit bien entendu l’existence des désaccords insurmontables dans les démocraties pluralistes, où les citoyens peinent à se donner des fins politiques communes. Mais selon Rawls, ces désaccords n’empêchent pas de la part des citoyens un consensus sur l’acceptation de l’ordre politique, les décisions politiques n’étant que des options possibles que permettent les procédures démocratiques choisies. En cela, les décisions politiques peuvent être acceptables ou comprises comme justes à partir de leur conformité à l’ordre politique, et ce, par tous les citoyens même quand ils sont en désaccords.



 31 janvier 2023

  • Maxime Diveu : « Projet d’une épistémologie de la conversion politique »

Résumé : Dans ses remarques historiques sur les usages de la notion de conversion dans l’Antiquité pré-chrétienne, Hadot (1980) souligne l’ancrage initial de cette catégorie de pensée dans le champ social et politique. Dans le contexte de l’émergence conjointe de la démocratie et de la philosophie, elle nomme, indique-t-il, la possibilité de « changer l’âme » de ses concitoyens dans l’espace public, qu’elle soit provoquée par la parole du philosophe ou par celle de l’orateur face à un auditoire. Ainsi, bien que le modèle de la conversion religieuse serve généralement, selon les termes de Berger & Luckmann, de « prototype historique de l’alternation » (2018/1966, p.251), le religieux n’est ni le registre historique, ni le champ exclusif de la catégorie de conversion : elle s’énonce aussi, et d’abord, comme « devenir autre » en philosophie et politique. À la lumière de ces remarques, il est assez paradoxal de constater l’absence, dans l’histoire de la philosophie occidentale, d’une expression analogue, celle de « conversion politique ».
Pour remédier à cette lacune, cette intervention se donne pour objectif de réfléchir sur les apports d’une épistémologie de la conversion dans son acception politique. Je propose, pour ce faire, d’aborder ce phénomène par son idéal-type : le passage d’un extrême à l’autre de l’échiquier politique. À l’appui d’une lecture critique d’un article de presse consacré au ralliement d’Andréa Kotarac, ex-élu de la France Insoumise, au Rassemblement National, je commencerai par énoncer les problématiques soulevées par l’idée d’un changement radical de pensée politique. Je défendrai ensuite l’intérêt d’une épistémologie non-idéale de ce phénomène, avant de proposer, pour conclure, une caractérisation de son concept à la lumière des remarques du dernier Wittgenstein (1969) sur ce qui se produit « au bout des raisons » (i.e., aux limites de la justification de notre système de pensée et d’action).


  • Thomas Bellon :


 8 novembre 2022

  • Vanessa Weihgold : « Les émotions écologiques : un conflit culturel ? »

Résumé : L’hypothèse de ce travail est que de nombreux récits de vie appropriés en Europe occidentale sont en contraste avec un mode de vie durable. Le changement climatique et la dégradation de l’environnement provoquent une dissonance cognitive (valeurs intérieures contre action extérieure) accompagnée d’une dissonance émotionnelle (urgence contre calme) avec cette culture acquise. L’expérience émotionnelle de l’urgence par rapport au changement climatique avec une divergence simultanée entre l’état actuel et l’état souhaité est illustrée par les émotions dites écologiques. Pour répondre à la question de recherche, nous allons d’abord clarifier les fondements théoriques et revoir les définitions générales sur lesquelles ce travail est basé. Ensuite, les questions du discours social et de la dissonance cognitive et émotionnelle seront explorées. Dans une deuxième partie principale, sera exposé brièvement le travail collectif de mémoire (kollektive Erinnerungsarbeit) selon Frigga Haug d’après lequel a été organisé un atelier à Tübingen. Puis, après avoir présenté les expériences quotidiennes présentées dans cet atelier, celles-ci seront mises en discussion avec la théorie présentée avant.


  • Fabien Carbo-Gil : « Avez-vous déjà vu un énoncé indécidable ? »

Résumé : Les théorèmes d’incomplétude de Gödel sont assez bien connus des philosophes. Tout système formel permettant de formaliser l’arithmétique est incomplet : il existe des propositions vraies qui ne peuvent être démontrées dans ce système. Cette incomplétude touche donc la théorie arithmétique de Peano, la théorie des ensembles ZFC et plus largement toutes les théories prétendant fonder les mathématiques. Mais quels sont vraiment ces théorèmes indémontrables ? Où se situent-il dans l’univers mathématique ? L’indécidabilité ne touche-t-elle que des énoncés pathologiques fabriqués pour être indémontrables ou bien concerne-t-elle des problèmes qu’un mathématicien pourrait être amené à étudier en ignorant leur statut particulier ?
Ces questions ont été étudiées au cours des 80 dernières années par différents mathématiciens. Leurs travaux qui nous informent sur la portée du phénomène d’incomplétude, notamment en théorie des ensembles, sont généralement moins connus des philosophes. Nous présenterons donc quelques exemples d’énoncés indécidables et nous ouvrirons la discussion sur l’impact de ces résultats sur les perspectives futures concernant l’axiomatisation des mathématiques.


- 11 octobre 2022

Éloïse Boisseau : « De quoi les machines sont-elles capables ? ».

Résumé : Les actions réalisées par des machines ne sont pas toujours faciles à caractériser. Des phrases comme « le grille-pain a grillé le pain » et « la calculatrice a calculé le résultat » doivent-elles être comprises de la même façon ?
En m’appuyant sur la distinction bien connue établie par Wittgenstein (1958) entre deux types d’interrogations concernant les machines – à savoir les questions logiques (« Est-il possible pour une machine de penser ? ») et les questions empiriques (« Une machine peut-elle liquéfier un gaz ? ») – je chercherai à éclairer la question de la qualification des actions des machines en m’attardant sur les descriptions de leurs actions et de leurs pouvoirs. Je défendrai la thèse selon laquelle il est nécessaire de distinguer plusieurs régimes logiques en ce qui concerne l’attribution d’actions à des machines. Je dresserai notamment un contraste entre des actions que je qualifierai de non-intellectuelles (laver, percer, broyer, etc.) d’une part, et d’intellectuelles (traduire, lire, calculer, etc.), d’autre part. Je chercherai à montrer que bien que les premières puissent être littéralement attribuées aux machines, les secondes, en revanche, ne peuvent l’être que de manière métonymique (dérivée).

Le programme complet à télécharger :

Programme Séminaire Hypothèse des doctorant·e·s